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Vaison dans l’histoire

C’est de la hauteur rocheuse dominée par le château des Comtes de Toulouse qu’apparaît le mieux le site de Vaison. Le paysage qui s’ouvre au nord est celui d’une ville moyenne, entourée de terres agricoles.

L’Ouvèze, autrefois navigable, sépare la Haute-Ville de la cité actuelle qui recouvre la ville gallo-romaine, dont 15 hectares sont dégagés. Quant au "château de la Villasse" et son allée de platanes bicentenaires, il domine les vestiges gallo-romains dits de La Villasse. Plus à l’est, la colline de Puymin est signalée par un vaste espace boisée. Les autres vestiges gallo-romains (Thermes du Nord, villa du Paon) échappent au regard. Le reste de la cité antique demeure sous le Vaison actuel. Enfin, on remarque deux édifices romans à l’ouest de La Villasse : la chapelle Saint-Quenin, et plus au sud, la cathédrale Notre-Dame de Nazareth et son cloître. Ce panorama urbain, où s’imbriquent vestiges antiques, bâtiments romans et constructions récentes suggère superpositions et déplacements des occupations au cours des âges.

Le paysage urbain n’a pas conservé de témoins visibles des époques plus reculées. L’occupation humaine y est pourtant fort ancienne mais seules des opérations de prospection et des sondages la révèlent. Pour la période des temps glaciaires (entre 10 000 et 8 000 avant notre ère) des outils (burins, grattoirs …), des structures d’habitats (trous d’appareillage, dallage) et des restes osseux de repas ont été découverts dans une grotte située rive droite de l’Ouvèze.

Plus proches de nous, les vestiges laissés par les communautés agro-pastorales du Néolithique, et en particulier du Néolithique final (7 000 à 3 000 avant notre ère), sont fréquemment décelés sous les niveaux antiques. Ce sont des tessons décorés à la coquille de cardium, des trous de combustion, des empierrements, du mobilier lithique. Enfin, citons la découverte, sous une boutique gallo-romaine de Puymin, d’une marmite miraculeusement en place sur les pierres de calage d’un foyer.

Des vestiges d’habitat et de rempart laissés par la communauté agraire du Premier Age du Fer (VII – Vème siècle avant J. C.) ont été découverts sur la rive gauche de l’Ouvèze, au bas de l’éperon rocheux. C’est sur cette hauteur, marquant le paysage (actuellement occupé par la Haute-Ville), que se sont abritées les populations ligures, puis celto-ligures à partir de l’invasion des Voconces au IV ème siècle avant J. C. Vaison s’appelle alors "Vasio voncontiorum" c’est-à-dire "Vaison des Voconces". Dès avant la conquête romaine, la cité est la capitale de ce peuple d’origine celtique qui occupait un territoire limité par la Durance au sud, l’Isère au nord, le couloir rhodanien à l’ouest, la Durance et les Préalpes à l’est.

Avec la conquête romaine Vasio devient "cité fédérée" (et non une colonie). Les Voconces descendent sur la rive droite où se structure progressivement une ville. L’urbanisme commence à partir de noyaux agricoles qui se métamorphosent en habitations de ville, lors de la création des voies de circulation et l’édification des grands monuments publics dans la seconde moitié du Ier siècle après J-C : théâtre, pont, aqueduc, thermes… La paix romaine est propice à l’extension de la cité, qui connaît sa splendeur au IIème siècle. Elle couvre alors 70 à 75 hectares. Elle est l’une des villes les plus riches de la Narbonnaise. Après la chute de l’empire romain, Vaison devint un centre religieux relativement important (un évêché y existe dès le IVème siècle) où se réunirent deux conciles, en 442 et 529. jusqu’au XIIème siècle, la ville se développe en plaine autour de la cathédrale et du palais épiscopal où elle subit plusieurs invasions dues aux conflits , entre les comtes de Toulouse et les évêques successifs. Au XIIIème siècle la population chercha refuge sur le rocher, au pied du château construit par les Comtes de Toulouse, mais devenu propriété papale. C’est dans ce contexte que prospéra en territoire pontifical la ville médiévale qui subsiste aujourd’hui. Au XVIIème siècle, quelques habitants se réinstallèrent dans la plaine, mais ce n’est vraiment qu’au XIXème siècle que les nécessités du développement urbain contraignirent une nouvelle fois la ville à quitter son promontoire.

 
  • Aquarelle : Jean-Claude Golvin