Photo de la rubrique

Accueil > Actualités

Actualités archéologiques : des sanctuaires en questions

Lors des dernières Journées Européennes du Patrimoine, se sont tenues deux conférences passionnantes au théâtre du nymphée, données par les archéologues Anaïs Roumégous et Jean-Marc Mignon ; appartenant tous deux au service départemental d’archéologie de Vaucluse. Leurs interventions respectives traitaient des dernières découvertes effectuées à Vaison-la-Romaine. Plus précisément, d’un probable nouveau sanctuaire et d’un sanctuaire qui ne l’était probablement pas. Explications.

Découverte d’une magnifique statue

En février dernier, à l’occasion d’un diagnostic préventif réalisé sur un terrain en bordure du chemin de Mirabel à quelque 200 mètres du théâtre antique, ont été mis au jour les vestiges d’une offrande (restes carbonisés de pignons, de figues…) et des amas d’objets cultuels, qui correspondraient soit à un nettoyage de sanctuaire, soit à l’abandon du culte d’une divinité.
Parmi les amas de divers objets, a été découvert une très belle statue en pierre représentant une divinité féminine portant une stola, la robe ceinturée par une cordelette typique des matrones romaines, mais avec la tête nue et les cheveux libres d’après les mèches visibles à l’arrière du cou. Il s’agirait probablement de Junon – la reine des dieux et épouse de Jupiter – selon Aurora Taiuti qui a étudié la statue et Anaïs Roumégous qui a réalisé cette magnifique découverte (voir photos).
Aujourd’hui, toujours selon l’archéologue, se pose la question de savoir si, dans le cas où il y avait bel et bien un sanctuaire sur ce site (des vestiges à proximité le laissent désormais supposer) :
- il était le pendant d’un autre sanctuaire situé au nord du théâtre du nymphée ;
- il formait un seul et même ensemble avec ce dernier, comme pourrait le laisser supposer l’alignement de leurs limites occidentales.
Dans le cas où la deuxième hypothèse se confirmerait, nous pourrions alors envisager l’existence passée d’un sanctuaire d’environ 225 mètres de long ! À suivre...

Le sanctuaire à portiques : un jardin privé !

Le suivi archéologique lié à la 1re tranche de travaux du Cours Taulignan (2018-2019) a permis à l’archéologue Jean-Marc Mignon de mettre au jour une vingtaine de portions de murs. Ces vestiges dont la lecture est éclairée par la connaissance urbanistique que nous avons désormais de l’antique Vasio, permettent de porter un regard nouveau sur un lieu emblématique du site de Puymin : le sanctuaire à portiques.
Il s’agit de ce grand jardin rectangulaire, bordé de colonnades, que l’on aperçoit de la rue Burrus. Selon les éléments relevés et analysés par Jean-Marc Mignon, ce sanctuaire ne serait en fait qu’une partie d’une grande domus (habitation urbaine) dont l’emprise devait avoisinner les 5 000 mètres carrés. Le “sanctuaire à portiques”, comme l’a expliqué Jean-Marc Mignon lors de sa conférence, était donc probablement un imposant jardin appartenant à une demeure privée.
Avec au milieu un grand bassin dont on peut encore voir les vestiges. Cette pièce d’eau était tellement vaste qu’elle comportait une “île” en son centre. On peut d’ailleurs la voir disparaître sous l’actuelle rue Burrus. Selon une hypothèse de l’archéologue, cette “île” pouvait constituer un salon d’été où les propriétaires aisés auraient pu y accueillir leur invités. Reste désormais à découvrir à quelle illustre famille a appartenu cette opulente propriété...
Le riche passé de Vaison-la-Romaine est toujours en mouvement, grâce au travail des archéologues.

(JPG - 7.7 Mo)
(JPG - 14.7 Mo)
(JPG - 3.3 Mo)
haut page