Créé en 1875, « Carmen » de Georges Bizet est l’un des opéras les plus joués au monde. C’est cette musique, à la fois populaire, sensible et intensément vivante, qui inspire à Abou Lagraa une réinterprétation dansée, à contre-courant de l’opéra-comique inscrit dans la mémoire collective.
Dans une scénographie volontairement épurée — sans décor, seulement portée par les lumières d’Alain Paradis — la danse et la musique deviennent les seuls langages. Le regard du spectateur est donc invité à se concentrer sur l’essentiel.
Ici, Carmen n’est plus une figure fantasmée ni une héroïne sacrifiée. Elle incarne la liberté. Refusant le destin tragique et le féminicide qui frappe le personnage original, le chorégraphe affirme une vision résolument contemporaine : femmes et hommes sont égaux, libres et solidaires. « Nous sommes tous Carmen » nous dit Abou Lagraa.
Dans un univers poétique nourri de références méditerranéennes et d’influences orientales, la pièce fait émerger non pas une Carmen, mais une pluralité de versions du personnage. Les 11 interprètes du Ballet de l’Opéra de Tunis – que nous accueillons pour la première fois à Vaison Danses – donnent corps à ces « Carmencitas », entre désir, sensualité et vitalité.
Écrite sur la base mouvements de masse continus, la chorégraphie fait résonner la force de la Méditerranée, trait d’union vivant entre le Maghreb et l’Europe.
Tarifs : de 10 à 42 €
